
Introduction, Liban ,Géogr.
phys. et hum., Écon.,
Hist., Religions du Liban
Introduction
La structure du Liban détermine très
largement son histoire, Terre douverture et
dasile: Ouverture des ports de la cote et de la
plaine de la Békaa, asile des deux massifs montagneux
difficilement pénétrables (voir carte). Les flottes et les
armées entrent sans peine dans ce pays offert à toutes les
pénétrations, en revanche, les hauteurs offrent leur protection
au vaincus qui montent se réfugier. Cette géographie
"contradictoire" engendre une double vocation :
les grandes invasions peuvent passer, les malmenés de
lhistoire peuvent rester; Il en résulte une tradition
également contradictoire qui combine lhospitalité et
lautodéfense.
Le pays est constitué de quatre régions très caractéristiques
qui sétendent parallèlement :

Liban (république du) (Al-Djumhuriyyah
al-Lubnaniyyay), État d'Asie occidentale, limité au N. et
à l'E. par la Syrie, au S. par Israël, et bordé à l'O. par la
Méditerranée; 10450 km²; env. 3 millions d'hab.; cap.
Beyrouth. Nature de l'État: rép. de type présidentiel. Langue
off.: arabe (le français et l'anglais étant largement parlés).
Monnaie: livre libanaise. Relig.: chrétiens (moins de 40 %,
maronites en majorité); musulmans (plus de 60 %, chiites pour
près de la moitié, sunnites, et une minorité druze de moins de
200000 personnes).
Retour au sommaire
Géogr. phys. et hum.
Quatre régions, parallèles au littoral, se succèdent d'O. en
E.: la plaine alluviale côtière (Sahel), qui concentre
l'essentiel de la population et des villes, la chaîne du Liban,
qui culmine à 3086 m, la haute plaine de la Bekaa et la chaîne
de l'Anti-Liban, qui culmine à 2814 m. Le climat,
méditerranéen sur la côte, est de plus en plus aride vers
l'intérieur. La population se divise en une communauté
musulmane majoritaire, les chiites représentant plus de 30 % de
la population totale, les sunnites plus de 20 %, et une
communauté chrétienne dominée par les maronites. L'émigration
chrétienne s'est accélérée durant la dernière décennie
(plus de la moitié des chrétiens auraient quitté le pays, mais
le cours tend à s'inverser dep. 1991, en raison de l'apaisement
qui semble s'instaurer). Environ 80 % des Libanais vivent dans
les villes.
Retour au sommaire
Écon. Avant 1975, on parlait de
miracle économique libanais et le pays était une place
financière de premier plan au Proche-Orient. Ruiné par 15
années de guerre qui ont démantelé les infrastructures et
précipité l'expatriation des élites et des capitaux, le Liban
a vu sa prod. s'effondrer, le pays chrétien, qui regroupait 70 %
des capacités industrielles, ayant été particulièrement
touché. Le pays doit auj. importer 85 % des produits de
première nécessité et vit d'une économie souterraine et du
marché noir qui se sont développés pour pallier la ruine de
l'économie légale.
Retour au sommaire
Hist. Ancienne Phénicie, l'actuel
Liban a été formé par diverses minorités ethniques et
religieuses: grecque, latine, byzantine, maronite, druze et enfin
arabe. Après le départ des croisés (1289), le pays ne retrouva
momentanément son unité qu'en 1585, avec l'émir druze Fakhr
ad-Din II. En 1861, à la suite de graves troubles religieux
entre Druzes et maronites, l'intervention des pays européens,
principalement de la France, aboutit à la création d'une
province autonome, dite du Mont-Liban. En 1920, le Liban, dans
ses frontières actuelles, fut placé sous mandat français par
la Société des Nations. Occupé par les Britanniques en juin
1941, le Liban obtint sa complète indépendance en 1943, un
"pacte national" prévoyant l'équilibre polit. des
forces confessionnelles, avec prépondérance des chrétiens, qui
donnèrent au Liban son président de la République. Mais le
renforcement des communautés musulmanes, du fait d'une
croissance démographique importante et de la présence de
nombreux réfugiés palestiniens, rompit l'équilibre.
L'opposition des nationalistes partisans de Nasser et des
politiciens chrétiens pro-occidentaux provoqua des affrontements
inter-communautaires et l'intervention américaine de 1958. En
avril 1975, la guerre civile éclata. Un équilibre précaire
s'instaura après l'intervention, en 1976, d'une force arabe de
dissuasion, en très grande majorité syrienne. Groupements et
alliances étaient d'une extrême complexité mais on
reconnaissait, dans l'ensemble, une gauche musulmane dont les
fedayins palestiniens renforcèrent la puissance milit. mais
accrurent aussi les divisions, et une droite chrétienne
disposant de milices. De 1982 à 1985, l'armée israélienne
envahit le Liban (sans affronter toutefois les troupes
syriennes), chassa de Beyrouth les combattants palestiniens (qui
se réimplantèrent dans la région de Saïda) et ne se retira
qu'en maintenant sous son contrôle la frontière sud (env. 1000
km²). Après l'expiration du mandat du prés. (chrétien) A.
Gemayel en 1988, alors que la guerre civile continuait, les
chrétiens se divisèrent: la vaine sécession du général Aoun
contre l'accord de Taef élaboré en oct. 1989 par les députés
libanais ne put empêcher l'avènement de la IIe République
(sept. 1990). La représentation légale des communautés
religieuses a été rééquilibrée (meilleure représentation
des musulmans), les pouvoirs du nouveau prés. (le chrétien E.
Hraoui succéda à R. Moawad, chrétien également, assassiné
quelques jours après son élection en 1989) ont été diminués
au profit du Premier ministre (S. Hoss, puis O. Karamé,
musulmans). Ces changements ont entériné un protectorat syrien
de fait. En mai 1992, des manifestations pop. contre le marasme
écon. ont entraîné la chute du gouv. de O. Karamé. Après les
élections législ. (sept.), largement boycottées par les
chrétiens, le milliardaire sunnite Rafic Hariri, proche de
l'Arabie Saoudite, a formé un nouv. gouvernement (oct.).
Retour au sommaire
Religions du Liban: Les Maronites, les
Musulmans, les Druzes.
Pour des raisons politiques, il n'a été procédé depuis trés
longtemps à aucun recensement de la population du Liban, dont
l'organisation politique est fondée sur l'hypothèse,
aujourd'hui incertaine d'une égalité chrétiens mususulmans.
Voici le dernier recensement officiel 1932
Chrétiens 51.2%
Musulmans 48.8%
Les Maronites: Rangés sous lautorité du patriarche dAntioche à partir du VIIIe s., les maronites se rapprochèrent de la papauté à partir du XIIe s. et leurs rites subirent linfluence latine. Auj., ils sont env. 1,5 million; la moitié vit au Liban; lautre moitié est émigrée en Afrique et en Amérique. Leur langue liturgique est le syriaque.
Les Musulmans: L'islam, religion
monothéiste fondée par le prophète arabe Muhammad ou Mohammad
(nom francisé en Mahomet), qui, vers 610, commença à recevoir,
par lintermédiaire de lange Gabriel, la parole de
Dieu sous forme de textes quil était invité à réciter.
Le recueil de ces messages sacrés, établi après la mort du
Prophète, est le Coran. Lislam est essentiellement la
religion monothéiste révélée au monde par la longue lignée
des prophètes (Abraham, Moïse, Jésus) et dont Mahomet est le
dernier maillon: le «sceau». Les principaux dogmes de
lislam sont: la croyance en un dieu unique, créateur du
monde, incréé, dont les anges sont les ministres; la croyance
en la vie future, la résurrection et le jugement dernier.
Le monde islamique, ou Islam, comprend aujourdhui près
dun milliard de croyants (dont 125 millions de chiites),
essentiellement répartis en Afrique et en Asie (si on excepte la
Turquie dEurope, les communautés balkaniques, les
travailleurs immigrés en Europe occid. et les émigrants
dAmérique).
Depuis les années 1970, dans tout le monde arabe, sest
développé un mouvement quon nomme abusivement intégriste
ou islamiste. Réduisant lislam à la charia et
retenant de celle-ci les aspects les plus réactionnaires, ou
«anti-modernistes», ce mouvement a été favorisé par des
régimes autoritaires que par la suite il a menacés.
Druzes: populations (700000 individus
env.) habitant surtout en Syrie et en Jordanie (djebel Druze,
montagnes du Hawran), au Liban et en Israël. Les Druzes
constituent une secte ismaélienne émanant des Fatimides. Ils
furent persécutés par les musulmans orthodoxes vers le début
du XIe s. Après avoir vécu des siècles en bonne intelligence
avec les maronites, ils entrèrent en conflit avec eux et
incendièrent plusieurs de leurs villages (1860). En 1925-1926,
les Druzes de Syrie se soulevèrent contre les Français, qui
entendaient séparer le djebel Druze du reste du pays. Les Druzes
du Liban (150000 individus env.) se sont vu reconnaître une
place institutionnelle dans le partage intercommunautaire actuel
(six sièges au Parlement).
Retour au sommaire